Avertissement


 

 

« … and it is to the Greeks that we turn, when we are sick of the vagueness, of the confusion … of our own age ».

Virginia Woolf

Gaston Bachelard écrit que « Le mythe puise dans sa préhistoire les thèmes éternels sur lesquels ensuite il brode mille variations différentes ». La Grèce archaïque est la Grèce d’avant Socrate, d’avant Platon, c’est la Grèce d’Homère, de la mythologie, de la naissance de la philosophie avec les présocratiques. C’est la Grèce des commencements. C’est dans la Grèce archaïque que se situe ce travail.

Aristote écrira plus tard que «  la science à acquérir est celle des causes premières » (Métaphysique A3.24 trad. J.Tricot). et ce sont ces causes premières qu’Hésiode demande aux Muses de lui révéler dans l’ invocation qui ouvre sa Théogonie« Muses habitantes de l’Olympe, révélez-moi l’origine du monde et remontez jusqu’au premier de tous les êtres » (trad. P. Mazon). La Théogonie est ainsi le premier récit occidental de la Création du monde. Il apparaît en Grèce au VIIè siècle av. J.C. C’est un récit religieux, qui attribue un caractère divin aux éléments premiers qui émergent du néant et desquels se détachent   les corps qui engendreront le reste de l’Univers sous la forme de dieux.

Ce modèle mythique se retrouvera, sous une forme laïcisée, chez les philosophes présocratiques qui, en s’interrogeant sur la nature de la « matière première » du monde, l’arkhè (d’où nous tenons notre qualificatif d’archaïque), transformeront les dieux en puissances élémentaires qui, en s’unissant ou en se combattant de différentes manières, formeront l’univers

Les images des mythes et des légendes engendrés par cette pensée « matinale » sont d’une force poétique envoûtante et ce voyage aux origines  de notre culture est aussi enrichissant que  fascinant.

Le retour vers ces légendes extraordinaires et l’émerveillement ressenti devant ces images d’une poésie aujourd’hui disparue est un bonheur, et comme l’écrit Virginia Woolf, un réconfort.

Ces textes n’ont aucune prétention scientifique ou universitaire. C’est pourquoi je serais reconnaissante aux lecteurs plus avertis que moi de me signaler les erreurs ou les inexactitudes qu’ils contiennent. Elles sont sûrement nombreuses.

Les textes ne sont pas définitifs. Ils sont fréquemment remaniés et certains titres ont été modifiés, voire retirés pour révision. Ainsi, ne revêtent-ils pas « l’identité immuable et pétrifiée de l’écriture » dénoncée par Platon dans le Mythe de Theuth. C’est « a work in progress ». Ils ne sont pas en ordre chronologique. Les citations sont en VO quand il s’agit de langues connues de moi.

Bonne lecture et merci de vos avis et critiques.